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Capitaine
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« le: 25 Février 2009 à 00:10:20 »

La baleinière d'Agonie la Belle et de Pulovsky entra dans le port de Desirade, et vint se placer à côté d'un brick à la coque sombre, avec pour figure de proue le buste d'un homme barbu vêtu d'une toge et aux traits durs, autoritaires.
Les deux voyageurs amarrèrent leur esquif et restèrent un moment sur les quais à contempler le bâtiment.

-C'est bien le sien, lâcha Agonie. Le Flamboyant. Quand le Barracuda l'a gagné au jeu, ce bateau avait déjà un lourd passé. Tous les marins pensaient qu'il portait la poisse, mais avec lui Barracuda Touche-à-Tout s'est imposé comme un as du pillage.
-Où on pourrait le trouver, ce Barracuda ? demanda Pulovsky.
-Je sais dans quelle taverne il a ses habitudes. En général il emmène ses hommes avec lui. Allons-y
Ils cherchèrent l'enseigne de "La veuve consolée" et une fois arrivés à la porte de l'établissement, au fond d'une ruelle mal éclairée, tortueuse,  hésitèrent avant d'entrer.
-Je persiste à croire que c'est une très mauvaise idée, fit Pulovsky nerveusement.
-Et moi je te dis de me faire confiance, rétorqua le français. Depuis notre évasion on a pas eu à s'en faire, pas vrai ? A mon avis, il acceptera.
-A mon avis, il nous fera découper en morceaux, mais bon, je sais pas ce qui m'a pris de m'associer  avec toi, je devais être bourré...
Pulovsky poussa un soupir, et ils poussèrent la porte.

L'ambiance était à la fête. Des marins de toute nationalité, européens, africains, indiens, gueulaient et s'enivraient. Au fond de la salle, sur une estrade, un orchestre avec accordéon, violons, flûtes, violoncelles jouait "les maisons closes de La Rochelle". Au centre du cyclone de joie, accoudé au bar, se tenait un homme de haute taille, vêtu d'un long manteau cramoisi, sous lequel il portait une chemise blanche au col de dentelles. Il était coiffé d'un ample chapeau pourpre, piqué de plumes blanches et vertes qui volaient à la moindre bise. Mais l'illusoire image de gentilhomme conférée par ses vêtements était brisée par son visage maigre, blafard, aux pommettes saillantes, entouré de longs cheveux noirs, aux lèvres minces et blanches, et aux yeux enfoncés et froids. Un sabre pendait à son côté, et une paire de pistolets ainsi qu'un poignard étaient glissés à sa ceinture.
Quand la porte se referma, les clients cessèrent leur tapage , car ils virent que leur chef fixait les deux nouveaux venus avec une expression de surprise furieuse et d'amusement. Après quatre secondes de silence, il déclara d'une voix calme et maitrisée, lourde de menaces:
-Tu es plutot gonflé de revenir ici, sale vieux babouin! Et encore avec un de tes chiens galeux!
-Baracuda le Touche-à-tout! fit Agonie la Belle. Salut ma vieille, ca me fait plaisir de te revoir moi aussi!
Barracuda s'adressa à ses marins:
-Mes petits gars, vous vous souvenez tous de l'infâme Agonie la Belle ?
Plusieurs gaillards aux visages balafrés grognèrent en signe d'acquiésement, et se massèrent les poings ou tirèrent leurs coutelas.
-Faites-lui la peau, lança Barracuda d'un ton enjoué.
Aussitôt des dizaines de pistolets se pointèrent sur les deux hommes, qui eurent des récations très opposés. Pulovsky, qui n'avait jamais vu autant d'armes braquées sur lui, paniqua et épaula son fusil en direction de Barracuda, sans pour autant oser faire feu. Agonie, lui, leva les mains en signe de paix et sortit tranquillement de sa veste de redingote un rouleau brun.
-Ne tirez pas!!!
Les pirates furent interloqués par le contr'ordre de leur chef, qui traversa la foule pour se planter devant Agonie la Belle, qui souriait, l'air serein.
-Tu sais ce que c'est que ceci, mon vieux ? fit-il au Barracuda.
-Comment l'as tu eu ? Qui te l'a donné ? pesta Barracuda furieux.
-Je sais que tu as très envie d'avoir cet objet entre tes mains, aussi je suis pret à te le négocier...commença Agonie.
-Alors que je pourrais vous faire étriper et récuperer ce rouleau sur vos carcasses fumantes ? siffla le créole blafard.
-...et que tu n'aurai aucun moyen de déchiffrer ses indications, contrairement à moi ? continua Agonie.
Barracuda mesura une pause et suggéra:
-Tu bluffes! C'est dans tes habitudes. Ca a peut-être marché dans le temps mais cette fois tu ne t'en tireras pas avec tes discours subtils et tes promesses.
-Barracuda, répliqua Agonie en savourant ses mots, je ne pense pas que ma chère et tendre fille apprécie que tu essaies une fois de plus de m'assassiner. Tu ne penses pas non plus ?
Le pirate réflechit et déclara:-Très bien, une fois de plus, je suis prêt à t'écouter, espèce de crapule. Qu'est-ce que tu me proposes ?
« Dernière édition: 11 Mars 2009 à 11:47:21 par Capitaine »
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Capitaine
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« Répondre #1 le: 05 Mars 2009 à 01:08:49 »

Agonie et Barracuda allèrent s'installer à une table dans l'arrière salle, Pulovsky restait boire avec les autres marins, qui semblaient avoir perdu leur joie communicative.
-Alors, si on causait affaire, toi et moi ? proposa Barracuda en remplissant deux verres de tafia.
-D'abord, fit Agonie en inspectant le contenu de son verre d'un air méfiant, je voudrais que tu m'explique ce que c'est que cet étrange rouleau dont tu m'as souvent parlé jadis, et qui t'obsède à ce point.
Le Barracuda resta un moment silencieux, observant son propre verre. Puis il leva les yeux vers Agonie et répondit:
-Tu dois avoir entendu parler du célèbre corsaire anglais Francis Drake ?
Agonie hocha la tête, l'air intéressé.
-Tu dois savoir, poursuivit le pirate créole, qu'il a contourné l'Amérique du Sud pour aller combattre les espagnols dans le Pacifique. A son retour en Angleterre, il avait accumulé un sacré trésor de guerre. Il avait pillé avec acharnement la flotte espagnole, et le plus gros de son butin était sur son bateau, le Gold Hind. Mais par peur de tomber sur ses vieux ennemis en approchant les caraïbes afin de rentrer au pays, il a transbordé la plus grosse part, environ 300 000 doublons, sur un autre navire de sa flotte, plus petit et plus discret. Ce bateau devait longer les côtes américaines et éviter les caraïbes pour rapporter la prise en Angleterre en toute sécurité. Malheureusement pour Sir Francis Drake, le chargement n'est jamais parvenu en Angleterre. Mais le corsaire avait ramené avec lui suffisamment de richesses pour que son exploit ne soit pas entaché par cet incident. Seulement avant son retour, le Royaume-Uni et l'Espagne avait signé un traité de paix. Mais ça, ça appartient à l'Histoire. Pour en revenir à ce rouleau, on sait que vers le milieu du siècle dernier, un moine érudit basé à Cuba avait découvert, d'après des récits de survivants de l'équipage du navire transportant les 300 000 doublons, que ce bateau se serait arrêté dans le Golfe du Mexique, pour n'en plus repartir, et que les marins, se trouvant alors dans une situation désespérée, avait tout bonnement caché l'or.
Le Barracuda se tut, goûtant l'effet de sa révélation sur son partenaire.
-J'adore quand tu racontes des histoires, fit Agonie avec un large et éclatant sourire, mais je t'en prie, continues, tu commences à m'intéresser.
Après un ricanement, Barracuda enchaina:
-Tu l'auras sans doute deviné sans que je te le dise, ce rouleau de parchemin, en peau humaine, ne révèle ni plus ni moins que l'emplacement de la plus grosse partie du butin de Drake! Le moine a utilisé un système de signes amérindiens, qu'il savait être un des rares hommes blancs à étudier, car il se doutait que si il exposait cette information au grand jour, toute la racaille des caraïbes se précipiterait sur les lieux pour s'en emparer. Le moine a été tué peu après, le rouleau est passé de mains en mains, on a perdu sa trace pendant quelques temps, puis il est réapparu, puis a redisparu, pour finir entre nos mains, nous, les personnes dont ce sympathique moine craignait justement l'avidité.
Agonie contempla le rouleau déplié devant lui. Il passa sa main dessus pensivement, comme pour écarter une couche de poussière invisible.
-Maintenant, murmura Barracuda en se penchant vers Agonie, tu me disais que tu savais résoudre ses symboles ?
-Pas moi, répondit le français, mais quelqu'un de ma connaissance, j'en suis certain, le pourrait, lui. Ce n'est pas un ami, mais il me doit un service, et je pense qu'il serait disposé à me le rendre.
-Et où peut-on le trouver, ce savant ? demanda Barracuda.
-A la Tortue, répondit Agonie.
Barracuda resta coit quelques secondes et éclata de rire.
-Toi alors, jusqu'au bout tu auras été un empêcheur de tourner en rond!
-Hein ? mais c'est la vérité! fit Agonie indigné et interloqué.
-Je te crois, vieux filou, mais le problème, c'est que, aussi bizarre que ça puisse ta paraître, et au cas où tu ne serais pas au courant des dernières nouvelles , les pirates ne sont plus les bienvenus à La Tortue.
-Quoi ?!
-Et oui, les flottes anglaises et espagnoles ont prise d'assaut les principaux ports, et l'île est tombée en seulement quelques heures. Ça fait partie des mesures draconiennes prises par les gouvernements pour combattre, et anéantir notre société.
-Mais merde, on est plus chez soi nulle part! La situation est si grave ?
-Tu n'as pas idée, fit Barracuda en hochant la tête. Les chasseurs de pirates ont eu les pleins pouvoirs, se sont fait aider par la Royal Navy et des officiers de la compagnie des Indes. Résultat: seuls quelques équipages résistent encore, Bélenos en premier par ses actions d'éclats, les hommes de Taranis refont parler d'eux, et on dit que celui qu'on surnomme l'Etranger, ou encore l'Arabe est sorti de l'ombre, on avait plus entendu parler de lui depuis un bail. Et les hommes que tu as vu ce soir, ce sont des anciens hommes de l'équipage de notre vieil ami Englund et de la Tribade, Elisa Novalis, qui ne se sont pas fait choper, et qui ont décidé de se rassembler sous ma coupe, histoire de continuer l'aventure, plus longtemps, et ils le savent.
-Dis donc tu m'as l'air bien pessimiste, Barracuda, observa Agonie. Ça te ressemble pas.
Le flibustier se leva et vint se poster au seuil de l'arrière-salle pour contempler son équipage maintenant plus détendu et buvant bruyamment en compagnie de Pulovsky.
-C'est parce que je sais que notre heure est bientôt venue, annonça le créole. Je ne resterais pas dans l'anonymat, et quand je reprendrais la mer, nos ennemis vont se précipiter de tous côtés pour nous mettre en charpie. Tu vois, si j'accepte de te suivre dans ta quête, c'est dans l'espoir de toucher le gros lot comme fruit d'une vie de combats et de peur, de fuite et de carnage. J'espère pouvoir assurer à mes gars, pour la plupart des anglais et des métis, une retraite tranquille et à l'abri de la justice. Je ne me fais pas d'illusion, toi et moi, les capitaines, les meneurs, on finira par la potence, par l'épée ou au fond de la mer. Personnellement, je n'ai jamais chercher la gloire, et je méprise ces soi-disant pirates idéalistes qui rêvent de liberté, qui se conduisent comme des seigneurs avec leurs prisonniers. Ils ont oublié ce que ça voulait dire être un pirate!
-Je suis tout à fait d'accord avec toi, fit Agonie qui quitta son siège pour venir au côté de son ancien camarade de bord.. C'est pourquoi je te propose, en plus de faire jouer mes relations, de devenir ton second, et d'intégrer aussi le jeune Pulovsky, afin que nous formions enfin une vrai famille, et que nous oublions nos stupides querelles passées. En plus Pulovsky est un fin tireur, en plus d'être un poivrot invétéré. Qu'en dis-tu ? C'est l'occasion de finir en beauté, ou de tenir une dernière fois le défi! Tenter de survivre, et raccrocher pour de bon, pour voir tes enfants grandir, mes petits-enfants. Je tiens à les connaître, Touche-à-tout.
Barracuda eut un rictus amusé par cet accès de sentimentalisme, et s'empara des deux verres. Il tendit le sien au français, qui, un sourire ravi étiré sur sa face tannée, dit:
-Alors, associés, comme au bon vieux temps ?
-Tope là, vieille branche, répliqua le créole.
Et ils portèrent leurs verres à leurs lèvres.
« Dernière édition: 11 Mars 2009 à 11:21:16 par Capitaine »
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« Répondre #2 le: 27 Mars 2009 à 19:08:18 »

Agonie et Barracuda étaient maintenant rejoins dans l'arrière-salle par Pulovsky, légerement éméché et le quartier-maître Anderton. C'était un écossais au regard farouche et méfiant, semblant toujours sur ses gardes, les cheveux couleur de cendre attachés dans la nuque. Il gardait les bras croisés, scrutant à l'autre bout de la table les nouveaux venus dans l'équipage, deux amis de son capitaine.
-...voilà, monsieur Anderton, fit Barracuda en anglais. Je vous prierais donc d'expliquer aux gars que monsieur Agonie est désormais mon nouveau second, et que son associé monsieur Pulovsky prend la fonction de gabier et moucheur occasionnel. En dépit des griefs qui ont souvent opposé Agonie la belle et la membres français de l'équipage, je compte sur vous pour inciter les marins à témoigner du même respect envers leur nouveau capitaine en second que pour moi. Is that all clear ?
-Sure, cap'n, approuva laconiquement Anderton d'un signe de tête.
-Très bien, conclut le pirate créole. Je propose de porter un toast pour fêter notre association avec cette vieille canaille d'Agonie!
Pulovsky avait déjà débouché la bouteille de whisky et quand les verres furent remplis, Anderton leva le sien en direction des deux français et déclara:
-Failte!
Devant la mine intelroquée des deux français, le quartier-maître esquissa un sourire et expliqua:
-It's the gaelic word for "welcome".
-Il vient de vous souhaiter la bienvenue, ajouta Barracuda, c'est du gaëlique.
-Du gaëlique ? fit Agonie. C'est pas une sorte de patois, comme le breton ?
Barracuda s'esclaffa et répliqua:
-Le gaëlique est la langue des différents peuples celtes du Royaume-Uni. Les bretons français sont des cousins des celtes qui peuplèrent l'Irlande, le Pays de Galles, l'Ecosse et les Cornouailles. Mais évite de les confondre, ça pourrait virer à l'effusion de sang, surtout avec notre cuistot. Je t'expliquerais tout ça plus tard. Maintenant, toi, moi et Pulovsky nous allons retrouver nos marins bien français, ils sont dans une autre taverne de la ville, ils évitent de fréquenter les mêmes enseignes que les britanniques.
Agonie quitta l'auberge de la "Veuve consolée" accompagné de Barracuda et Pulovsky.
suite: http://forum.ageofseadogs.com/index.php/topic,2480.0.html
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